Elle est inévitable quand on a une certaine conscience du développement de l'enfant.

Le parent d'aujourd'hui sait qu'il peut parfois faire « mal », mais il oublie vite qu'il peut aussi merveilleusement bien « réparer », « recommencer », « transformer ».

Cette culpabilité ne meurt jamais, mais on peut la rendre moins pesante en se rappelant tout ce qu'on « donne » dans le quotidien.

On normalise beaucoup trop la manière dont on gère les défis de tous les jours. Il faut donner de la valeur à ce qu'on sait faire et ne pas l'oublier.

Réparer, recommencer, transformer

Trois mots à retenir, à se répéter, à inscrire quelque part. La culpabilité parentale s'enracine souvent dans une mémoire sélective : on se rappelle ce qu'on a raté, on oublie tout ce qu'on a su offrir. Or l'enfant ne grandit pas dans la perfection de ses parents, il grandit dans leur capacité à revenir, à ajuster, à réparer.

Faire « mal » fait partie de la vie. Ce qui compte, c'est ce qui suit. Le parent qui reconnaît une maladresse, qui en parle, qui revient vers son enfant, transmet une chose précieuse : que l'erreur n'est pas la fin du lien, et que se relever fait partie du chemin.

Donner de la valeur à ce qu'on sait faire

Pensez aux centaines de gestes quotidiens qui passent inaperçus parce qu'ils sont « normaux » : préparer un repas, écouter un récit de la journée, accompagner un cauchemar, désamorcer une crise, retenir une remarque blessante, choisir ses mots, tenir une promesse. Ces gestes-là, pris séparément, semblent ordinaires. Ensemble, ils forment l'ossature affective et symbolique sur laquelle votre enfant grandit.

Si vous n'arrivez plus à voir ce que vous donnez, c'est que vous l'avez normalisé. Reprenez-en la mesure. La culpabilité n'est pas le bon indicateur de votre parentalité. La présence, la cohérence, la chaleur, oui.