Aujourd'hui, beaucoup de parents s'interrogent sur le cadre à proposer à leur enfant. Entre éducation traditionnelle et éducation dite « positive », plusieurs préjugés existent.

L'illusion d'exister partout

Revenons à l'essentiel : au début, l'enfant bénéficie, du fait de sa grande dépendance, de la disponibilité de ses parents ; il grandit donc dans l'illusion qu'il existe partout, tant ses parents centrent toute leur attention sur lui afin de combler au mieux ses besoins.

Petit à petit, il va expérimenter et, par la réaction de ses parents, se rendre compte qu'il ne peut pas exister partout ! Qu'il est soumis à une « loi », à des règles qui vont venir frustrer sa liberté et lui permettre d'accepter l'existence de l'autre. C'est la limite qui ouvre à la vie sociale : l'enfant va perdre en liberté et gagner en lien et en autonomie.

La limite comme besoin primaire

Offrir à son enfant un cadre avec des règles, c'est donc respecter son développement et lui permettre petit à petit de grandir. Sinon, c'est le chaos.

Pour un enfant, avoir trop de liberté est insécurisant, voire menaçant. La limite est donc un besoin primaire dans son développement.

Accepter d'être un « mauvais objet »

On est d'accord : frustrer son enfant, c'est accepter parfois d'être « vu, vécu » comme un « mauvais objet ». C'est en acceptant de ne pas être toujours perçu comme le « gentil parent » et en recevant les émotions désagréables de son enfant quand on le contrarie que la règle va pouvoir exister.

Cela demande donc de se décentrer, et de résister !

Le non, permanent et expliqué

Le non doit être permanent et expliqué, répété encore et encore, avec cohérence. Parfois il faut donc agir directement : l'enfant souhaite un jouet et vous ne pouvez pas le lui acheter. Expliquez qu'il faut de l'argent et qu'aujourd'hui ce ne sera pas possible, en montrant que vous comprenez sa frustration (s'il la manifeste) et en restant ferme sur votre décision.

On n'apprend pas la limite du jour au lendemain, et il y aura des « essais et erreurs », à vous de choisir ce qui vous convient le mieux tant que vous restez cohérent entre votre parole et vos actes, et respectueux du développement de votre enfant.

Un enfant de 1 an ne peut pas gérer la frustration comme un enfant de 3 ans.