On voit partout fleurir des conseils pour être un parent bienveillant, qui sait répondre parfaitement aux besoins de son enfant. Il y a très peu d'écrits sur l'importance de « l'imperfection » du parent.

La vie est mouvement

Le bébé ne grandit pas, et ne grandira jamais, dans un monde où tout fonctionne à la milliseconde, où tout est toujours rempli, structuré. La vie, par définition, c'est le mouvement.

Même s'il est essentiel que notre enfant grandisse dans un environnement sécurisant avec des repères stables et une disponibilité affective importante, il connaîtra les silences, les creux, l'indisponibilité, l'impossibilité et… la limite.

De la toute-puissance à l'existence

Même si l'enfant grandit au début dans un sentiment de toute-puissance, il va devoir apprendre progressivement que le parent est un être humain avec ses limites, qui ne pourra pas toujours être là. C'est comme ça que l'enfant développe ses propres capacités d'autorégulation, ose tester, recommencer, apprend à se fier à son intuition et à lui-même.

Si le parent reste coincé dans la place du tout-sachant, tout-parfait, comment l'enfant peut-il prendre lui aussi une place de sachant et commencer à exister en tant que lui-même ?

La leçon de Winnicott

Ce qui fait grandir l'enfant, ce n'est pas une disponibilité permanente mais « suffisante ». C'est dans l'impossibilité du parent, dans ses limites, que l'enfant commence à exister. D'après D. W. Winnicott

Voilà ce qu'il faut retenir : votre imperfection n'est pas un défaut, c'est l'espace où votre enfant peut grandir. Là où vous ne pouvez pas, votre enfant invente. Là où vous ne savez pas, votre enfant cherche. Là où vous vous fatiguez, votre enfant s'arme d'autorégulation.

Le « parent suffisamment bon » n'est pas un parent diminué, c'est le seul parent qui fait grandir.